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Viols et attouchements sur mineurs : pourquoi nous devons briser le silence

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Noémie Da Costa
Inscrit le 9 août 2017
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Photo: Ulrike May / Pixabay

Photo: Ulrike May / Pixabay

D'après une enquête de l’UNICEF menée dans le monde entier, une fille de moins de 20 ans sur 10 a déjà subi des violences sexuelles , et 81% des victimes de violences sexuelles en général sont mineures.

Une fille sur dix. J'ai découvert ce chiffre atterrant il y a quelques jours seulement. Pourtant, il me hante toujours. Une fille sur dix ? Elle pourrait être ma sœur, ma voisine, ma cousine. Je pourrais moi-même être cette jeune fille. Et cela me choque. Parce qu'en 15 ans d'existence, je n'ai jamais entendu parler de ce chiffre, ni à l'école, ni aux informations, ni sur des affiches de campagne. Pourquoi ce silence ?


Tous les jours, dans le monde entier des jeunes filles sont soumises à des épreuves inimaginables : viols, attouchements forcés, harcèlement sexuel. A l'école, sur leur lieu de travail, dans les transports en commun et même au sein de leur famille. En France ainsi que dans de nombreux autres pays, le viol reste un sujet « tabou ». On nous sensibilise à des sujets tels que la drogue, le harcèlement scolaire, les femmes et les enfants battus... Mais on ne parle pas des violences sexuelles, et encore moins sur les mineurs. On ne trouve pas d'affiches de campagnes à ce sujet dans les rues, ni dans les établissements scolaires. Sur les journaux télévisés, c'est le silence. Et c'est d'ailleurs l'objectif de cet article : lutter contre ce mot, « silence ». Parce que, bien trop souvent, c'est dans celui-ci que se réfugient les victimes. Par honte, et par dégoût envers elle mêmes. Et parce qu'on peut essayer de prévenir ces incidents.


Je n'ai eu moi-même qu'une seule « expérience » de prévention contre ces agressions durant ma scolarité. Et alors que j'aurais dû ressortir de cette intervention avec les rudiments de « l'éducation affective et sexuelle » ancrés dans ma mémoire, je suis seulement ressortie le cœur lourd d'indignation et avec un sentiment de profonde injustice calé au fond de mon estomac. En effet, l'intervenante qui avait pour devoir de sensibiliser un effectif réduit de jeunes filles nous avait déclaré au moment d'aborder la manière de réagir contre les violences sexuelles « Ne mettez pas de jupes trop courtes ou de vêtements provocants, ou évitez de vous pencher devant les garçons, par exemple. Parce qu'à votre âge, ils sont en pleines crise hormonale, c'est naturel pour eux d'avoir une réaction qui peut vous paraître inappropriée, il ne faut pas les provoquer. ». Sur le coup, je n'avais pas réagi. Mais en sortant de la salle et en ressassant tout ce qui avait été dit durant cette séance, je me suis rendu compte de la gravité des propos que cette femme tenait devant des jeunes filles de quatorze ans. Celle qui avait pour mission de sensibiliser et de former de jeunes âmes avait simplement proféré une absurdité qui ne pouvait qu'être qualifiée de minable et de profondément choquante.


Parce que non, ce n'est pas à nous, les filles, de nous habiller « convenablement » pour ne pas attirer le regard d'un éventuel agresseur. Ce n'est pas à nous de nous restreindre. Les jeunes filles, collégiennes, lycéennes et étudiantes ne devraient pas vivre dans l'angoisse constante de se faire attoucher dans un bus ou un métro bondé. Et on ne devrait jamais suggérer qu'un enfant ou une adolescente victime de viol ou autre forme de violence sexuelle est en faute. Un viol n'est pas une action éphémère. Il peut avoir des répercussions sur de nombreuses années, voire toute une vie. Parce que nous ne vivons pas dans un film Hollywoodien, une agression sexuelle ne s'oublie pas en un mouvement de baguette, au moment où le « prince charmant » rentre dans nos vies.


Alors nous devons en parler. « Viol » n'est pas un gros mot, ni un mot sale. C'est une réalité. Et nous devons l'arrêter. Le meilleur moyen est l'information, parlons-en, dans les collèges, les lycées. En tant que citoyens, nous avons le devoir de former et d'éduquer les enfants et les adolescents, qui sont les acteurs de demain. Il faut en parler plus, à la télévision, la radio, dans les journaux.

Alors, tous ensembles, brisons ce silence.


Sources:

http://www.huffingtonpost.fr/2015/03/01/violences-sexuelles-victimes-mineurs-agresseurs-proches-enquete-unicef_n_6751902.html

OMS: http://www.who.int/violence_injury_prevention/violence/world_report/en/chap6fr.pdf?ua=1

UNICEF:https://www.unicef.org/french/endviolence/

Les chiffres mentionnés dans cet article diffèrent selon les enquêtes.






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