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La mode face aux scandales...

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HSN

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Les ouvrières du textile luttent pour survivre au Cambodge
@Express-afp.com/Tang Chhin Sothy

Les ouvrières du textile luttent pour survivre au Cambodge @Express-afp.com/Tang Chhin Sothy

Il y a quelques semaines, Paris se retrouvait sous les feux des projecteurs. Des caméras venant du monde entier, des journalistes enjoués, des personnalités de premiers plans se pressant dans les plus grands hôtels et galeries de la capitale française, et ce pour assister à la désormais célèbre Fashion Week, et ainsi percevoir les nouvelles collections des plus grands créateurs.

L’occasion également de rendre hommage, 4 ans après, aux 1 138 jeunes ouvrières victimes de l’effondrement du Rana Plaza. L’onde de choc provoquée par l’éboulement de cette usine textile à Dacca au Bangladesh couplée à la prise de conscience de l’opinion publique des enjeux écologiques depuis l’avènement de la COP21, là encore à Paris, nous pousse à nous interroger sur les évolutions sociales et environnementales de la mode dans les pays du Tiers Monde.

Car oui, les vêtements que je porte en écrivant cet article, à l’image des vêtements que vous portez en lisant cet article, ont été produit principalement en Asie.

Quelques chiffres clés. L’industrie du textile est un géant économique, qui produit plus de 150 milliards de vêtements en 2016. Au Bangladesh par exemple, cette industrie emploie près de 4 millions de travailleurs, et les deux tiers des ouvriers sont des femmes.


Mais ces chiffres clés cachent une triste réalité: des salaires excessivement bas, 60€ par mois alors même que de nombreuses ONG estiment le salaire minimum vital à 300€, l’absence d’assurance santé mais surtout les conditions de travails des ouvriers. Les usines sont vétustes et peu sécurisées. Des experts ont noté par exemple une absence de sortie de secours dans la majorité des manufactures. Les conséquences ? Des incendies à répétition : plus de 600 personnes ont péri en 10 ans.

Un témoignage glaçant. Celui de Rumana Khatun, ouvrière dans l’usine Reedisha, au Bangladesh. "Il y a des femmes qui partent au bout d’un mois, d’autres après deux mois ou six mois, parce que c’est très fatigant et sous-payé. Pas mal de femmes s’en vont avant même d’avoir eu leur salaire". Cette édifiante déclaration s’associe à une récente enquête de journalistes français autour du travail -forcé- toujours pour l’industrie du textile, mais cette fois en Ouzbékistan. Au XXIme siècle.

A ces tristes constations s’ajoutent les problèmes environnementaux. L’industrie du textile utilise 25% des produits chimiques élaborés dans le monde. Du coton à la boutique, les vêtements font des milliers de kilomètres. Par conséquent, de nombreuses études sérieuses soulignent la production de gaz à effet de serre importante. La conception de vêtement nécessite des quantités d’eau à profusion. On estime à 11 000 litres le volume d’eau nécessaire pour un jean, et 2 700 pour un tee-shirt.

Alors que faire ? Ne plus se vêtir ? Impensable. Et pourtant des solutions existent. Parfois si simple ! Les innovations sont favorisées par les marques, dans une stratégie de différenciation certes mais les avancées sont prometteuses. Par exemple, il est aujourd’hui possible de produire du cuir à partir de champignons ou des pigments issus de micro-organismes. De nombreuses marques agissent en signant des accords visant à garantir l’application des chartes et lois internationales.

Mais n’oublions pas que les consommateurs constituent eux même une clé de succès majeure dans la réduction de l’impact écologique et sociale de la mode. Comment ? Par des actions simples comme ramener les anciens vêtements chez les enseignes contre un bon d’achat, ou encore en suivant des tutoriels pour réparer soit même ses vêtements ou favoriser les vêtements bio, écoresponsables car oui il n’existe pas que le chocolat qui peut être certifié FairTrade !

Malgré les solutions proposées et les quelques consciences réveillées, le problème que pose l’industrie du textile est loin d’être réglé. La responsabilité est un thème sujet à controverse. Mais c’est une réelle question à poser. Les multinationales, Auchan ou Carrefour sont-elles responsables de l’effondrement du Rena Plaza ? En tant que consommateur, suis-je indirectement responsable du drame du Rana Plaza ? Qui est responsable ? Tout le monde semble éviter la question. Et pourtant. Chaque jour des dizaines de familles se retrouvent orphelines par la perte d’un proche.

C’est en réponse au livre de feu Stephan Hessel, Indignez-vous, que j’ai écrit cet article qui relate la difficile réalité du monde dans lequel nous vivons.

HSN


SOURCES:

Au Bangladesh, Auchan va financer une assurance santé en date du6 mai 2016 dans La Croix par GUILLEMOLES Alain

Dans l’enfer du textile en date du 20 octobre 2015 dans Le Monde par Alain CONSTANT

H&M promet de meilleures conditions de travail à 1,6 million d'ouvriers en date du 3 novembre 2015 dans Le Figaro

La mode s’engage en date du 31 mai 2017 dans l’Express Styles par Charlotte BRUNEL, Marta REPRESA, Gino DELMAS et Claire BEGHIN

La mode se penche sur son poids environnemental en date du 6 juin 2017 dans le Monde par Rémi BARROUX








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