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Contre le crime qu’est le mariage des enfants, OSONS une Tolérance Zéro !

no picture Emmanuel Ganse
Inscrit le 1 juin 2015
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Tel un mythe auquel on n’a nulle envie de croire, le mariage des enfants est une chose improbable. Comment une personne sensée pourrait-elle prendre pour épouse quelqu’un qui a l’âge de ses petits fils et filles ?

Pourtant, au Bénin, en Afrique et un peu partout dans le monde, c’est une vérité et une triste réalité que continuent d’expérimenter nombre de jeunes filles. Contre leur gré et dans le je-m’en-foutisme total de tout ce qu’elles conçoivent comme « rêves pour leur avenir», nombreuses sont les filles mineures qui sont livrées par leurs parents à des personnes quadruplement plus âgées qu’elles. D’après un rapport d’Unicef Bénin, les chiffres révèlent qu’au Bénin 3 filles sur 10 sont données en mariage avant l’âge de 18 ans. Dans un article de rfi, on apprend que 39 000 filles de moins de 18 ans sont mariées de force quotidiennement à travers la planète.

Ces mariages que le Code de l’enfant en son article 3 qualifie de « précoces » constituent des attentats à la pudeur de ces jeunes filles et ipso facto, une violation grave de leurs droits fondamentaux, en raison des abus sexuels perpétrés à répétition sur ces dernières, des nombreuses tâches ménagères qu’on les oblige à exécuter du matin au soir sans répit, ainsi que des nombreux coups de fouets ou coups de poing qui pleuvent sur elles au moindre refus, à la moindre peccadille. Elles n’ont droit à aucun épanouissement à part satisfaire de force la libido sexuelle de leur maître-époux. C’est donc à juste titre qu'Angélique Kidjo, Ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef affirme que “Le mariage d’un enfant est un viol et un crime”. Dans le même sens, Nyaradzai Gumbonzvanda, l’ambassadrice de bonne volonté de l’UA pour l’abolition des mariages précoces, déclare que «Tout mariage précoce est un viol potentiel». Ces filles vivent donc un véritable enfer.

Toutes ces filles sont titulaires de droit et tolérer davantage ces mariages serait être complice de la violation, du non-respect des droits qui leurs sont reconnus. C’est contre cette pratique du mariage que s’inscrit la Campagne #Tolérancezéro lancée par Unicef Bénin et le gouvernement du Bénin, le 16 juin passé.

Il faut militer pour une tolérance zéro face au mariage des enfants qui d’ailleurs est dûment soulignée dans l’article 181 du Code de l’enfant qui dispose que : « Les pratiques conduisant au mariage précoce ou au mariage forcé des enfants telles que les mesures coercitives, la pression psychologique, le chantage affectif et la pression sociale et familiale intense, sont interdites. »

Mieux, ledit code stipule les peines encourues par toute personne qui se rendrait coupable de quelque manière que ce soit du mariage précoce ou forcé des enfants. Pour ce qui concerne les parents coupables, l’article 375 dispose qu’ils peuvent être punis d’un emprisonnement de trois (03) ans à dix (10) ans et d’une amende de cent mille (100 000) à cinq cent mille (500 000) francs CFA. Quant aux personnes qui prétextent dudit mariage en exerçant sur les filles mineures des menaces, des violences ou des contraintes sexuelles, l’article 378 dudit code précise qu’elles sont punies de cinq (05) ans à dix (10) ans d’emprisonnement et d’une amende de cinq cent mille (500 000) francs à cinq millions (5 000 000) de francs CFA. Il revient donc à tous de sortir du mutisme en dénonçant ces cas d’abus à chaque constat fait pour que l’autorité compétente soit saisie pour rendre justice à ces enfants.

Somme toute, les jeunes filles ne sont aucunement des objets de désirs, des êtres sans volonté à livrer en mariage alors qu’elles n’ont pas encore atteint la maturité requise qui est de 18 ans. Ainsi donc, aucune fille ni aucune femme ne doit être donnée en mariage sans son consentement et sans qu’elle soit psychologiquement apte à s’adonner à un tel acte. Un enfant est une âme innocente qui mérite d’avoir un rêve, de grandir dans l’épanouissement, la protection parentale, et d’être suivi jusqu’à définir lui-même son chemin et s’accomplir. Le mariage des enfants vient arracher l’innocence de ces derniers et leur enlève la joie de l’enfance. Pour donc donner dans l’égalité des chances, on doit à tout prix oser une tolérance zéro quant à ce mariage infâme et joindre nos voix à celles de toutes les filles en disant : « Laissez-nous grandir ».





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